LA SUITE...
Le spectacle a-t-il « passé » ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Les conclusions tirées par la direction de la troupe et par l’équipe de production décideront si l’aventure en valait la peine… Il reste cependant un fait qui demeure, ce genre de production prend l’affiche avec un préjugé défavorable contre elle. Tant chez le public que dans les médias et même au niveau des directions de troupes, ont reste « frileux » avec ce genre de spectacle. Pour la direction d’une troupe, prendre un risque artistiquement équivaut souvent à prendre le même risque financièrement. Le public pour sa part, nage souvent dans l’inconnu lorsque ce genre de production prend l’affiche. Pour les médias (les critiques) ils restent coincés dans un étau dont ils se sortent rarement. D’un coté, ils se doivent d’informer le public de la direction que prend la production en soulignant la difficulté d’approche, de l’autre ils restent des humains et peuvent au même titre que le public, être moins familier avec ce genre de spectacle…J’aimerais bien voir le jour où un journaliste commencerait sa critique par « Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec cette production… » ou alors « J’avais énormément d’appréhension en allant voir cette pièce puisque je n’ai jamais vraiment apprécié les textes de cet auteur ou le travail de ce metteur en scène… » De cette façon ils seraient en mesure de marquer une position claire tant chez le public que chez les artistes quand arrive le moment d’une production moins évidente.
Les artistes, les metteurs en scène en particulier, aussi doivent faire un travail d’introspection lorsqu’ils élaborent de telle mise en scène. Combien de fois on entend dire « C’est un texte qui n’a pas été joué depuis cent ans mais il demeure d’actualité » ou alors « C’est un texte d’un auteur inconnu qui n’a été joué qu’une seule fois dans un théâtre inconnu et moi je vais vous le faire découvrir » L’audace n’excuse pas tout ! Un metteur en scène doit avoir confiance en ses moyens et en sa vision, mais il doit garder à l’esprit une chose : le public. C’est au public qu’il s’adresse et il ne doit pas l’oublier. Il ne doit pas le traiter comme un enfant mais il ne doit pas non plus le considérer comme un expert en théâtre. Il doit faire la découverte avec lui, sinon il fait sa production pour son unique plaisir personnel et ça, ça ressemble à de la masturbation…
Voilà…
Stéphane BÉLANGER
Théâtre Et Cetera