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Dans notre belle ville d’histoire et de culture il faut se poser la question sur ce qui est accessible et sur ce qui ne l’est pas. Monter un texte de Ionesco est un risque ici lorsque nous pensons à autre chose que La Cantatrice chauve et pourtant dans le reste du globe il en est tout autrement. On se paye un bon Molière lorsque le besoin de valeur sure se fait sentir, mais encore là, il ne faut pas chercher trop loin, il faut rester dans les pièces reconnues, dans les classiques. Le théâtre reste une expérience qu’il faut vivre, ce n’est pas comme louer un film au club vidéo du coin…L’expérience théâtrale fait appelle aux sens, aux émotions et à l’intelligence du public. Trop souvent lorsque je suis en salle pour assister à une représentation, j’ai l’impression que je suis de trop, que je dérange et que les comédiens seraient beaucoup plus à l’aise si je n’étais pas là… Ce genre de pièce ne m’apporte rien, ne suscite rien chez moi. J’assiste tout simplement à une performance de comédiens venus « se montrer » et chercher 10$ dans mon portefeuille. Pour moi, prendre un risque, c’est monter sur scène et accepter que le public fasse partie du processus, accepter que le public fasse une partie du travail. Trop souvent je vais voir un Molière et ce que je vois, ce n’est pas une pièce qui porte la vision d’un metteur en scène et de ses comédiens. Ce que je vois, c’est une démonstration sur l’art de monter Molière, c’est une sorte de démonstration pratique pour un cours sur l’histoire du théâtre. On ne me dit pas comme public venez découvrir avec nous, on me dit regardez comment les choses doivent se faire.
J’ai toujours tenté de donner une part de découverte à travers mes mises en scène. Au risque souvent de me retrouver avec une production qui ne soulevait pas autant d’enthousiasme que souhaité. J’adore monter les pièces de Shakespeare. Pour moi ces pièces me parle un nouveau langage à chaque relecture… Je ne sais pas comment doit se monter Hamlet, je sais seulement que cette pièce me parle énormément. On m’a déjà dit à la suite d’une de mes productions « Shakespeare, ça ne se monte pas comme ça… » De la part d’un professeur qui venait d’annuler les réservations de son école pour venir assister à La Tempête il y a quelques années j’ai eu droit à « Je préfère que mes élèves voit cette pièce montée de la bonne façon… » C’est curieux, après toutes ces années au théâtre, je ne sais toujours pas ce qu’est la bonne façon. Et c’est souvent ce qu’on me reproche, de ne pas faire les choses correctement. Le risque théâtral devient donc utopie, puisqu’il est perçu comme une entrave au bon déroulement "normal" d’une production…On ne cherche plus à découvrir au théâtre. On cherche à se rassurer en retrouvant des choses qui nous sont familière...
Quel est la solution? Je ne sais pas… Il y a certaines personnes qui ont tenté de trouver une réponse à cette question, ces réponses ne me semblent pas satisfaisantes… Bannissez la création! Évitez les risques. Nourrissez le public au compte goutte. Faites plaisir à la critique. Faites plaisir au public et tout ira bien! Je n’en suis pas certain… Je regarde le travail des Lepage, Dennoncourt, Mouawad et je me dis que j’aimerais bien les voir régulièrement dans ma ville, mais c’est une chose qui n’arrivera pas de sitôt…à moins qu’ils ne montent Les Belles-Sœur de Tremblay ou encore mieux Broue...
Je regarde ce qui ce passe ailleurs et j’espère qu’un jour, ma ville emboîte le pas et puisse, elle aussi, se donner un milieu théâtral fort et plein de beaux risques…
Stéphane Bélanger
Théâtre Etcetera
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Par Stéphane Bélanger
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Le spectacle a-t-il « passé » ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Les conclusions tirées par la direction de la troupe et par l’équipe de production décideront si l’aventure en valait la peine… Il reste cependant un fait qui demeure, ce genre de production prend l’affiche avec un préjugé défavorable contre elle. Tant chez le public que dans les médias et même au niveau des directions de troupes, ont reste « frileux » avec ce genre de spectacle. Pour la direction d’une troupe, prendre un risque artistiquement équivaut souvent à prendre le même risque financièrement. Le public pour sa part, nage souvent dans l’inconnu lorsque ce genre de production prend l’affiche. Pour les médias (les critiques) ils restent coincés dans un étau dont ils se sortent rarement. D’un coté, ils se doivent d’informer le public de la direction que prend la production en soulignant la difficulté d’approche, de l’autre ils restent des humains et peuvent au même titre que le public, être moins familier avec ce genre de spectacle…J’aimerais bien voir le jour où un journaliste commencerait sa critique par « Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec cette production… » ou alors « J’avais énormément d’appréhension en allant voir cette pièce puisque je n’ai jamais vraiment apprécié les textes de cet auteur ou le travail de ce metteur en scène… » De cette façon ils seraient en mesure de marquer une position claire tant chez le public que chez les artistes quand arrive le moment d’une production moins évidente.
Les artistes, les metteurs en scène en particulier, aussi doivent faire un travail d’introspection lorsqu’ils élaborent de telle mise en scène. Combien de fois on entend dire « C’est un texte qui n’a pas été joué depuis cent ans mais il demeure d’actualité » ou alors « C’est un texte d’un auteur inconnu qui n’a été joué qu’une seule fois dans un théâtre inconnu et moi je vais vous le faire découvrir » L’audace n’excuse pas tout ! Un metteur en scène doit avoir confiance en ses moyens et en sa vision, mais il doit garder à l’esprit une chose : le public. C’est au public qu’il s’adresse et il ne doit pas l’oublier. Il ne doit pas le traiter comme un enfant mais il ne doit pas non plus le considérer comme un expert en théâtre. Il doit faire la découverte avec lui, sinon il fait sa production pour son unique plaisir personnel et ça, ça ressemble à de la masturbation…
Voilà…
Stéphane BÉLANGER
Théâtre Et Cetera
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Par Stéphane Bélanger
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La ligue de l’université est selon moi dans une catégorie à part puisque au niveau des arts et du monde du spectacle, l’université fait souvent œuvre de monde parallèle. Sa clientèle étant excessivement ciblée, elle n’est donc pas confronté aux même réalités que les autres ligues. Il reste donc la grande et majestueuse LIM et la nouvelle venue la JOSS. Si l’évaluation des ligues en présence se limite au nombre de personne présente dans la salle la LIM est la gagnante incontestée et la discussion se termine ici. Mais il y a à mon avis d’autres critères à prendre en considération. La LIM c’est le nec plus ultra de l’improvisation trifluvienne, une belle salle, de l’animation, des vedettes, du public et de la publicité…bref tout pour réussir. Pour la JOSS c’est tout le contraire, les éléments ne sont pas encore en place tout reste à faire, tout reste à construire. Mais à la base la philosophie de cette ligue reste intéressante. On forme une ligue qui n’impose rien à ses équipes si ce n’est qu’un certain professionnalisme. On veut de la qualité mais pas à n’importe quel prix. Ce qui prime avant tout à la JOSS c’est la confrontation des styles et des expériences, c’est aussi la confrontation de différentes philosophies. À la LIM c’est tout le contraire, on veut tout unir, uniformiser, tout le monde doit marcher dans la même direction. L’improvisation donnée par la LIM en est une de qualité mais elle manque de surprise, elle manque de personnalité. À la Joss, il y a la possibilité de s’exprimer différemment du reste du groupe, il y a place à de belles surprises mais il y a aussi place à de grandes déceptions et à mon avis ce n’est pas un mal. Il a aura très rarement de mauvaises improvisations à la LIM. Il va y avoir de mauvaises impros à la JOSS et quelques fois elles pourront même être très mauvaises, il faut seulement se retrousser les manches et revenir plus fort. Pour le joueur il n’y a rien de meilleur, ça le garde actif, ça le remet en question. À la LIM tout fonctionne tellement bien, que les joueurs n’ont souvent plus besoin de chercher puisque le «Show» est bon de toutes façons. Comprenez-moi bien, je ne suis pas en train de dire que la JOSS offre un meilleur spectacle que la LIM, ce que je dis c’est qu’il y a une ligue qui offre quelques choses d’intéressant et qu’il ne faut pas la construire en calquant le modèle sur ce qu’elle n’est pas… La JOSS doit trouver sa voie en prenant une certaine distance de la LIM car sinon elle sera condamnée à être dans l’ombre de sa grande sœur…
Les penseurs de la LIM ont fait un travail excellent au fil des années, ils ne doivent pas oublier cependant que la ligue est là depuis plus de vingt ans. Il y a des gens qui ont travaillé pendant plus de vingt ans avant eux pour faire de cette ligue ce qu’elle est… La Joss de sont côté n’est âgée que de quelques mois. Je pense sincèrement qu’il faut lui laisser un peu de temps…Les joueurs d’improvisations montent sur scène pour toutes sortes de raisons et ce n’est pas à critiquer, l’important c’est qu’ils jouent, peu importe leur niveau et leur expérience. La seule chose qui peu se changer chez un joueur, c’est sa façon de faire et ça, il faut y mettre du temps…
Stéphane Bélanger
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Dans le but de doubler les possibilités du Blogue Théâtral, une nouvelle section vient d'être ouverte. Elle nous permettra, dans un avenir rapproché, de plus grandes possibilités au niveau de la gestion du blogue. Il y aura quelques tests durant les prochaines semaines...
Vous pouvez nous signaler tous problèmes au:
theatre.etcetera@sympatico.ca
Stéphane Bélanger
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DIRECTION ARTISTIQUE OU GUERRE D’ÉGO…
billet 1 de 12
Dans le domaine du théâtre, il y a ce que l’on appelle la direction artistique. Qu’elle soit exercée au niveau d’une compagnie, d’un lieu de diffusion ou tout simplement au niveau d’un spectacle, la direction donne un sens à ce que produit un créateur sur une scène de théâtre. Mais qu’arrive- t’il lorsque deux directions artistiques s’entrechoque…Dans les nombreux conflits qui naissent dans les coulisses de théâtre ceux qui concernent la direction artistique sont légion…Allant de moi je pense que le théâtre c’est ça à Il faut absolument faire tomber ce mur et surélever la scène de deux pieds pour symboliser la détresse du personnage tout devient prétexte à exercer son autorité ou alors, de crier à la censure… Qui a raison, qui a tort? Je ne sais pas… Toutes les réponses semblent naviguer dans une zone un peu floue, entre le respect des créateurs, de soi et surtout du public. Il n’y a pas de réponse ultime, il n’y a pas de vérité; il n’y a que des créateurs. Les décisions sont souvent très difficiles et influencées par des facteurs qui sont souvent peu ou pas défendable artistiquement… Que ce soit pour une raison financière, technique, pour une raison d’accessibilité du public ou tout simplement pour une raison d’idéologie, maintenir le cap avec une direction artistique devient parfois une entreprise plus que périlleuse.
Par Stéphane Bélanger
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